Elle comprend au nord (nord-est de la Syrie et le nord de l'Irak actuels) une région de plateaux, qui est une zone de cultures pluviales, et au sud, une région de plaines où l'on pratique une agriculture qui repose exclusivement sur l'irrigation.
La notion essentielle est celle de Croissant fertile. Il s'agit de la zone où l'irrigation n'est pas nécessaire pour l'agriculture. Ces terres sont humides , faciles à cultiver .
Chronologie
Préhistoire: La présence de l'homme y est attestée depuis la préhistoire, à partir du Paléolithique moyen. Au Néolithique, vers 7000, sur le site de Jarmo, la poterie fait pour la première fois son apparition, des traces manifestes du début de la domestication progressive des animaux et des plantes apparaissent également, et l'utilisation de briques crues témoigne pour la première fois de l'existence d'une vie en village...
Protohistoire: À partir du chalcolithique, vers 6000, on note, outre l'usage du cuivre, l'usage de l'irrigation en agriculture, l'apparition des sceaux-cachets, des peintures murales, de la céramique peinte, incisée ou décorée, des premiers sanctuaires ainsi qu'une utilisation généralisée de la brique.
Entre 6000 et 5000, on distingue la succession de trois cultures de types différents :
* la Période de Hassuna (5800-5500)
* la Période de Samarra (5600-5000)
* la Période de Halaf (5500-4700)
Puis viennent deux phases où le processus de complexification sociale s'accélère, jusqu'à la constitution de véritables États, puis la création d'une première forme d'écriture qui fait basculer la Mésopotamie dans l'Histoire :
* la Période d'Obeid (4700-4100)
* la Période d'Uruk (4100-2900)
Histoire
-Période d'Uruk récent (3400-2900) : L'écriture se développe, mais les textes écrits à cette époque sont encore difficiles à interpréter, et il s'agit de documents administratifs et de listes lexicales, qui ne nous apprennent rien sur l'histoire événementielle.
-Période des Dynasties archaïques (2900-2340) : Elle est divisée en trois sous-périodes. C'est à partir de la moitié du IIIe millénaire qu'on est informé sur les événements, avant tout grâce aux archives retrouvées à Lagash. C'est la période des cités-États de Basse Mésopotamie.
-Pendant la periode d'Akkad,créent un veritable empire.
-Période néo-sumérienne (2180-2004) : L'Empire d'Akkad s'effondre à cause de révoltes et d'attaques de peuples "barbares". Les cités-États sumériennes reprennent leur indépendance, avant d'être unifiées par les rois fondateurs de la Troisième dynastie d'Ur, Ur-Nammu et son fils Shulgi, qui établissent un nouvel empire dominant la Mésopotamie.
-Période parthe (140 av. J.-C.-224 ap. J.-C.) : Après moult péripéties, les parthes chassent les Séleucides de Mésopotamie dans le courant du IIe siècle. C'est sous leur règne que disparaît définitivement l'antique culture mésopotamienne, qui subsistait jusqu'alors dans le milieu des temples de Babylonie.
Divers
-Les États mésopotamiens sont donc organisés autour de la figure royale. Celui-ci dirige l'administration, l'armée, la justice, et il est chargé d'assurer le bon déroulement du culte rendu aux dieux, entreprend des grands travaux. Il est entouré de "ministres" l'aidant dans ses tâches, et dirigeant une administration gérant ses terres, le prélèvement des taxes, la justice locale. Ce système se complexifie avec l'élaboration d'entités politiques plus vastes.
-Les dieux mésopotamiens sont pour la plupart très anciens, et leur origine nous est souvent inaccessible. Les plus anciens ont un nom sumérien et un nom akkadien. Les principaux dieux sont :
* Anu/An, le Ciel
* Enlil, le dieu de l'Air, souverain des dieux
* Enki/Ea, dieu de l'Abîme
* Nanna/Sîn, le dieu-lune
* Utu/Shamash, le dieu-soleil
* Ninhursag, déesse-mère
* Inanna/Ishtar, la déesse de l'Amour et de la Guerre, la planète Vénus
* Ishkur/Adad/Addu, le dieu de l'Orage
* Ninurta, divinité guerrière
* Ereshkigal et Nergal, le couple régnant sur les Enfers
* Nabû, dieu de la sagesse et de l'écriture
À partir de la fin du IIe millénaire, les dieux « nationaux » Marduk à Babylone et Assur en Assyrie prennent une place de premier choix.
-Toutes les anthropogonies mésopotamiennes expliquent que les dieux ont créé les humains de manière à en faire leurs serviteurs, chargés de leur entretien. De manière concrète, cet entretien passe par le culte qui est rendu aux dieux dans ce qui est considéré comme leur résidence, le temple.
Les hommes pieux sont en principe assurés de la bienveillance divine à leur égard. En revanche, quiconque offenserait les dieux se place sous la menace d'une punition divine : maladie, disgrâce, difficultés économiques, etc.
-Le système numérique employé par les Mésopotamiens était de base sexagésimale (base 60), avec quelques aspects d'un système décimal.
Les connaissances mathématiques des Anciens mésopotamiens ont accompli de grands progrès durant la période paléo-babylonienne, après quoi ils furent minimes. Mais il fallut attendre le Ier millénaire pour que ce savoir soit employé à sa pleine mesure dans le domaine de l'astronomie.
-La séparation que l'on effectue entre astronomie et astrologie est inconnue des Anciens mésopotamiens, comme pour beaucoup d'autres peuples avant l'époque moderne. Les connaissances astronomiques des Mésopotamiens atteignirent un très haut niveau durant le Ier millénaire, époque durant laquelle les astronomes "Chaldéens" étaient réputés jusqu'en Grèce.
Les Mésopotamiens avaient mis au point le principe de la division de la voûte céleste entre douze signes du Zodiaque, qui sont sensiblement les mêmes que les nôtres. De la même manière, ils avaient déjà nommé de nombreuses constellations. Ils connaissaient cinq planètes : Mercure (Sihtu), Vénus (Delebat), Mars (Salbanatu), Jupiter (Neberu) et Saturne (Kayamanu).
Au Ier millénaire, les prêtres astronomes babyloniens avaient compilé de longues listes de relevés de phénomènes astraux. En les interprétant, ils en étaient arrivés à établir des éphémérides pour tous les astres observables, et en arrivèrent presque à prédire des éclipses, dont ils avaient repéré l'aspect cyclique.
-Pour les Mésopotamiens, la maladie était une malédiction envoyée par les dieux. Ceux-ci, maîtres de tous les hommes avaient été insatisfaits par le comportement de certains d'entre eux, qu'ils punissaient en envoyant des "démons" qui les rendaient malades, ou bien ils se chargeaient eux-mêmes de la tâche.
Pour guérir un malade, on pouvait recourir à des pratiques qui nous semblent différentes mais qui étaient alors vues comme complémentaire, la magie et la médecine empirique. De longues listes techniques nous renseignent sur ces pratiques. Elles se présentent sous la forme de phrases avec une protase présentant l'état du malade, et une apodose disant le diagnostic, avec parfois à la suite le traitement à prodiguer. Elles concernent différents domaines, depuis la gynécologie jusqu'à des cas psychiatriques, en passant par l'ophtalmologie. On dispose aussi d'une longue liste de recettes de produits pharmacologiques.
Ecriture
La Mésopotamie a vu l'élaboration de ce qui est actuellement considéré comme le plus ancien système d'écriture au monde. On date son apparition vers 3500 avant. J.-C. Ce système d'écriture est d'abord linéaire, puis il prend un aspect cunéiforme dans le courant de la seconde moitié du IIIe millénaire. On écrit alors essentiellement sur des tablettes faites en argile, matériau abondant en Mésopotamie. Ce support survit très bien à l'épreuve du temps (et encore plus quand il est cuit à la suite d'un incendie), et c'est ce qui nous permet d'avoir une quantité de documentation écrite considérable sur la Mésopotamie ancienne. À partir du début du Ier millénaire, cette forme d'écriture est concurrencée par l'alphabet araméen, rédigé sur du parchemin ou du papyrus, support périssable dont aucun exemplaire ne nous est parvenu. Celui-ci finit par supplanter le cunéiforme vers le milieu du Ier millénaire, avant la disparition définitive de ce dernier au début de notre ère.
Seule une minorité de la population était alphabétisée. Les spécialistes de l'écriture étaient les scribes. Ils suivaient une formation destinée à leur apprendre à maîtriser le cunéiforme, et s'initiaient au sumérien et à l'akkadien (à partir de la fin du IIIe millénaire). Il y avait plusieurs niveaux de spécialisation, allant du simple scribe d'administration au lettré ayant suivi de nombreuses années de formation, travaillant souvent dans les temples.
On estime également qu'une certaine partie de la population, dans les couches supérieures, pouvait comprendre ou écrire des textes cunéiformes. Il s'agit du personnel administratif, politique, ou bien de marchands.
Les tablettes cunéiformes étaient entreposées dans des endroits prévus à cet effet dans les bâtiments où ils étaient rédigés. Parfois même des salles étaient réservées aux archives. Les tablettes pouvaient être placées dans des paniers, des coffres, ou bien sur des étagères. Un système de classement pouvait avoir été mis au point, mais il nous échappe bien souvent. On pouvait faire des classements d'archives administratives, mais aussi de production littéraire savante, comme dans le cas de la prétendue Bibliothèque d'Assurbanipal, trouvée à Ninive.
Tablette de vente de propriétés retrouvée à Shuruppak, XXVIe siècle
La production écrite mésopotamienne qui nous est parvenue est constituée en majorité de textes de nature administrative. Il s'agit souvent de comptes liés à l'agriculture, l'élevage, des distributions de rations à des travailleurs, des comptes d'entrées et des sorties d'entrepôts.
A côté de cela, on trouve des textes de la pratique plus élaborés : des contrats (de prêt, de vente, de location) ou des lettres. Ils sont un apport inestimable pour nous aider à mieux approcher la vie quotidienne des anciens mésopotamiens.
Les textes littéraires sont minoritaires en quantité. Ils se composent en premier lieu de listes lexicales, mais aussi de textes d'apprentissage de certains métiers, ou bien des descriptifs de rituels, jusqu'à des productions de littérature plus savante, des textes mythologiques, épiques.
Un dernier genre que l'on peut distinguer est celui des inscriptions et textes royaux. Ce sont des textes produits par les rois, destinés à célébrer leurs grandes œuvres. Les perdants ayant rarement l'occasion de se faire entendre, ce sont le plus souvent les vainqueurs qui ont la parole. Ce genre de textes va de l'inscription de fondation, jusqu'à des récits plus élaborés comme les Annales royales assyriennes.
